| Titre | Date |
|---|---|
Pierre-Etienne Caza - / L’UQAM / le 18 septembre 2006Explorer une langue et un paysLe programme Explore pourrait évoquer une mission spatiale. Mais il s’agit d’un programme d’échange linguistique pancanadien, qui permet à des milliers d’étudiants d’approfondir leur connaissance de l’anglais ou du français, tout en découvrant une région de notre vaste pays. Une exploration...géographique et culturelle, pour ainsi dire! Laure Frappier, étudiante au certificat en études féministes, habite à Varennes et n’a pas la chance de pratiquer son anglais. Elle a vu ses deux fils, aujourd’hui âgés de 21 et 25 ans, vivre l’expérience Explore avant d’y participer à son tour au printemps dernier, en se rendant à l’Université Dalhousie, à Halifax en Nouvelle-Écosse. Pour d’autres, comme Jessica Iezzoni, il s’agissait de briser la coquille de la gêne : « J’ai développé une assurance que je n’avais pas auparavant », affirme cette étudiante au baccalauréat en administration, qui a séjourné à l’Université de Victoria, en Colombie-Britannique. « L’immersion demeure la meilleure façon d’apprendre une langue, car vous êtes en contact 24 heures sur 24 avec l’environnement linguistique désiré, mais également avec la culture qui lui est associée », explique Éric Buisson, coordonnateur de la formation non-créditée à l’École de langues, et directeur du programme Explore à l’UQAM. Les rouages d’ExploreLe programme offre la même chance à tous : le tirage des bourses d’étude (versées directement à l’établissement d’accueil) s’effectue de façon aléatoire par un système informatique selon des quotas provinciaux et territoriaux. Celles-ci couvrent les droits de scolarité, l’hébergement et les repas. Pour soumettre sa candidature, il suffit d’être citoyen canadien (ou résident permanent) et d’avoir étudié à temps plein durant au moins un semestre de l’année scolaire en cours. Lorsqu’il n’y a à débourser que le billet d’avion (et ses dépenses personnelles), l’appel du voyage est tentant, ce qui explique que certains étudiants, ayant flairé la bonne affaire, y participent deux ou même trois fois! Dans l’une ou l’autre des dix provinces canadiennes, le programme d’apprentissage est le même : cinq semaines (en juin et juillet) durant lesquelles, du lundi au vendredi, les étudiants assistent à des cours théoriques le matin, et profitent d’ateliers de conversation et de sorties culturelles en après-midi (musées, marchés publics, etc.). Les groupes (débutant, intermédiaire ou avancé) ne dépassent que rarement la quinzaine d’étudiants, un contexte idéal pour l’apprentissage d’une langue, selon M. Buisson. Sans surprise, ce programme est chapeauté par Patrimoine Canada et coordonné par le Conseil des ministres de l’Éducation du Canada (CMEC). « La mission première d’Explore est de promouvoir l’apprentissage des deux langues officielles, mais aussi de créer des liens entre les individus et de rapprocher les collectivités », explique M. Buisson. Pour Laure Frappier, le programme a atteint la cible. Cet automne, elle recevra chez elle une vingtaine de personnes du Québec qui étaient, comme elle, à l’Université Dalhousie le printemps dernier. « Ce sera l’occasion de partager nos anecdotes et de boucler la boucle », affirme-t-elle. Handicapée visuellement, Laure Frappier affirme que son séjour, en plus de lui avoir permis d’améliorer son anglais, a été bénéfique sur le plan humain. « J’ai pu me rendre compte que je pouvais être autonome, quitter la région de Montréal, prendre l’avion et m’intégrer dans un milieu inconnu », explique-t-elle fièrement, en soulignant le travail exceptionnel de tous les intervenants qui ont facilité l’organisation et le déroulement de son séjour. Le campus a la coteSi Mme Frappier avoue avoir choisi Halifax « pour le bord de mer », Jessica Iezzoni est allée à l’Université de Victoria «parce que c’était la ville la plus loin de chez moi!», dit-elle en riant. Les deux étudiantes ont habité sur le campus universitaire, même si Explore offre la possibilité d’habiter dans une famille d’accueil. « Plusieurs étudiants partent de chez papa maman, ce qui explique que 90% d’entre eux souhaitent vivre l’expérience du campus universitaire, synonyme de liberté », explique M. Buisson. Le printemps dernier, Carole Breton, graphiste au Service des communications de l’UQAM, a accueilli chez elle une étudiante de Toronto qui participait au programme Explore. «Comme il s’agissait de son troisième séjour au Québec, elle se débrouillait très bien en français, raconte Mme Breton. Nous sommes allés au Marché Jean-Talon, elle a assisté aux matches de soccer de mon fils et je lui ai fait visiter mon village natal, dans la région Chaudière-Appalaches. » L’expérience a inspiré son garçon, âgé de douze ans. Mais la maman, elle, n’est pas pressée de le voir partir à la découverte du monde! Pierre-Etienne Caza - / L’UQAM / le 18 septembre 2006 | 2006-09-18 |
Explore a probablement été la plus belle expérience que j’ai vécue.
Corinne Robitaille